Avec une cinquantaine de participants, soit à peine plus que leur manifestation de novembre, après deux mois de préparation, et des soutiens régionaux dans ces cinquante participants, la manifestation anti-migrants de ce samedi n’a pas été un succès. Les mots d’ordre ont visiblement du mal à intéresser les Calaisiens.

 

Il faut néanmoins rester vigilants, et voir avec le temps comment les choses évoluent, et notamment s’il s’agit d’un simple mouvement pré-électoral ou de quelque chose de plus profond.

 

En parlant des élections, si on reprend les déclarations de Natacha Bouchart, maire de Calais, au moment de la visite de Manuel Valls (Nord Littoral, 12 décembre 2013) :

 

« […] Par contre, je demanderai aussi l’expulsion des no borders du territoire de Calais.  Pour quelles raisons ? Ils créent le trouble dans les associations et perturbent l’ordre public… Ils doivent être exclus. Mais la justice dit qu’elle n’a aucun pouvoir. Et quelles relations avez-vous avec les associations ? Cela se passe plutôt bien, mis à part avec Médecins du monde qui ne prend pas en compte l’aspect calaisien de la situation. […] Quel poids aura le dossier Migrants dans la campagne des municipales ? Il va peser lourd… La population attend de la fermeté et de l’humanité… Elle ne veut surtout pas de squats à côté de chez elle… »

 

et les mots d’ordre des organisations de la manifestation (Huffington Post, 11 janvier 2014)

 

« Le groupe revendique entre autre « l’expulsion des migrants du territoire Calaisien », « l’arrêt de toute subvention attribuée aux migrants », l’interdiction du mouvement « No Border » (des militants qui viennent en aide aux migrants), ou « l’arrestation de toute personne qui héberge des clandestins ». »

 

on trouve des convergences inquiétantes, surtout après l’interdiction par la maire de Calais d’un festival interculturel et son appel à la délation sur facebook. Ces convergences politiques sont aussi à suivre, puisqu’elles engagent l’avenir en terme de projet municipal.

 

Troisième point à suivre, la cordialité visible entre certains policiers et les manifestants au départ de la manifestation, l’intervention violente d’un policier pour empêcher une militante No Border de filmer le cortège – alors qu’il est tout-à-fait légal de filmer une manifestation sur la voie publique, ou l’intervention dissymétrique de la police en fin de manifestation lorsqu’il y a eu des tensions entre manifestants et contre-manifestants. Au moment où la compagnie de CRS tournant toutes les trois semaines et dédiée à la chasse aux exilés, va être remplacée par une compagnie stable ayant la même mission, venant habiter à Calais avec sa famille et s’intégrant à la population, c’est un autre point à réfléchir.

 

 

 

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