Visite à Calais du préfet jeudi dernier. Objectif : mimer la mise en oeuvre des piliers annoncés de la politique migratoire de l’État, humanité et fermeté, et tenter de recoller en un tout cohérent les promesse faites par Manuel Valls lors de sa visite aux personnes différentes qu’il a rencontrées à des moments différents de sa journée.

Versant humanité, le préfet annonce que les femmes et les enfants du squat Victor Hugo ne seront pas mis à la rue, et qu’il veut en parler avec les associations. Le préfet aurait pu s’engager clairement : l’hébergement d’urgence est une compétence de l’État, le préfet peut réquisitionner des logements vides. La concertation est nécessaire pour trouver des solutions adaptées, mais les moyens juridiques et financiers sont du côté de l’État.

L’humanité, on l’annonce, on va en parler, et ça restera l’exception.

Versant fermeté, le nouveau dispositif policier est déployé au centre commercial des 4B, en centre-ville.

On se souvient qu’en février dernier la maire de Calais avait lancé dans les médias un appel à chasser les migrants de ce centre commercial, qui avait été suivi d’une campagne de contrôles au faciès et d’arrestations. Des exilés, notamment des demandeurs d’asile, notamment ceux qui sont hébergés dans les foyers du quartier, venaient y faire leurs courses. Des bénévoles des associations et des citoyens choqués par la chasse aux migrants ont cessé de venir aux 4B. Commercialement ça a été une mauvaise opération.

Comme tous les commerces de Calais, ceux des 4B connaissent des difficultés en raison de la crise et de l’augmentation du chômage. Mais ça, ni l’État ni la mairie ne veulent en parler. Les Calaisiens au chômage n’ont droit ni à l’humanité ni à la fermeté : ils n’existent pas.

La fermeté c’est aujourd’hui : c’est les contrôles au faciès, la ségrégation dans l’espace public, la chasse au migrant utilisée pour cacher la misère.

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