Masquée par les propos de campagne de la maire de Calais, une lettre commune des associations dénonçant la situation faite aux exilés à Calais, pointant les dysfonctionnements du dialogue avec les pouvoirs publics, et demandant que soient prises des mesures d’urgence.

 

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Madame le Maire, Monsieur le directeur de la DDCS

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Par la présente, nous souhaitons nous exprimer sur la situation dramatique des personnes laissées à la rue, sans respect de leurs droits fondamentaux dans la ville de Calais.

Nous ne pouvons cacher nos doutes quant à la volonté des autorités de trouver des solutions pour améliorer les conditions de vie inhumaines des migrants, tant les événements des dernières semaines tendent à affirmer le contraire.

En effet, depuis le mois de Septembre 2013, les expulsions se succèdent sans concertation, ni anticipation quant aux questions d’hébergement, en contradiction avec la circulaire du 26 août 2012. Il s’agit pourtant d’un droit fondamental comme formulé par le Conseil d’état le ?? janvier 2012,

Les effets personnels des migrants, y compris le matériel fourni par les différentes associations (tentes, jerricans, sacs de couchage, vêtements, documents médicaux ou administratifs, etc…) ont été confisqués et / ou dégradés, sous prétexte de raisons sanitaires, ce qui constitue une atteinte à la propriété privée et une entrave à l’aide humanitaire.

Le harcèlement policier déjà constaté et dénoncé par le Défenseur des Droits se poursuit.

La stigmatisation d’une population qui ne cherche qu’à survivre est désormais ouvertement assumée par la mairie, ce qui a pour effet d’aggraver l’exclusion dans laquelle se trouvent déjà les personnes migrantes. Dans un contexte d’échéance électorale, l’instrumentalisation flagrante de la question des migrants par la municipalité est de plus en plus pesante et inquiétante et parasite le débat.

La dégradation des conditions de vie des migrants, déjà catastrophiques, contribue à accroître l’extrême précarité de leur situation et constitue un risque sanitaire majeur, accru par l’arrivée de la période hivernale. Les solutions d’hébergement envisagées, bien qu’encourageantes, ne nous semblent pas à la mesure de la gravité de la situation.

Ainsi, nous demandons que soient prises des décisions urgentes :

– L’arrêt des expulsions sans anticipation ni proposition réelle d’hébergement et d’accompagnement social

– L’application de la trêve hivernale, comme le préconise le DDD dans son rapport remis au ministère de l’intérieur en P14

– l’ouverture d’un hébergement et d’un accueil de jour pour l’hiver et non uniquement du niveau 2 du plan GF

– Un hébergement digne pour les femmes et les enfants du squat boulevard Victor Hugo, menacé par une expulsion

– Le ramassage des ordures sur les lieux où elles sont collectées, pour des raisons sanitaires évidentes « 

 

 

 

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