L’appel à la délation lancé par la maire de Calais sur facebook attire l’attention des médias et produit donc l’effet qui était recherché.

 

Au-delà de l’effet de scandale, qu’en est-il de la délation à Calais ?

 

C’est, depuis plusieurs années, une réalité quotidienne pour ce qui est en rapport avec les exilés.

 

C’est souvent sur dénonciation de voisins que les squats et les campements sont trouvés par la police. Mais la délation va plus loin.

 

Un exemple : quelqu’un part en vacances et laisse ses clés à une de ses amies, qui vient plusieurs fois chez elles. Un voisin ou une voisine trouve que cette amie a un look ou un faciès de No Border, appelle la police, qui téléphone à la propriétaire et va voir tous les voisins. C’est assez désagréable en revenant de vacances de s’apercevoir que la police est venue enquêter sur vos fréquentations auprès de vos voisins et propriétaire.

 

On remarque au passage que sur une simple dénonciation la police a déployé beaucoup plus d’activité que lorsqu’on va porter plainte pour un cambriolage.

 

Autre exemple, on fête l’anniversaire d’une amie sur la plage, nous sommes un petit groupe dont des demandeurs d’asile. Une dizaine de policier viennent, contrôlent les exilés, puis contrôlent rapidement les européens pour la forme. Nous n’étions pas visibles de la rue, ils sont venus directement vers nous et sont remontés dans leurs véhicules aussitôt après nous avoir contrôlés. C’est forcément quelqu’un qui était sur la plage qui les a appelé.

 

Là encore, deux fourgons de police parce que quelqu’un a vu un groupe de personnes, dont des exilés, pique-niquer sur la plage.

 

Les exemples concernant les personnes hébergeant, accueillant, recevant chez elles des exilés sont multiples, entrainant des démarches de la police auprès du voisinage et des propriétaires, parfois de manière répétée et insistante. La délation ne concerne pas seulement les exilés ou les personnes identifiées comme tels par leur apparence physique, mais aussi les personnes qui les aident ou simplement entretiennent des relations sociales normales avec eux. Et la police sort totalement de ce qui devrait être son rôle dans une société démocratique.

 

Le texte posté par la maire de Calais ne vise qu’à créer le scandale et à obtenir un écho médiatique. La réalité de la délation le précède, elle est déjà ancrée dans le tissu social calaisien. Elle rend plus difficile la solidarité comme le fait d’entretenir des relations sociales normales avec les exilés.

 

 

 

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