Jeudi 17 octobre, fin d’après-midi : deux personnes apportent une tente aux Syriens qui campent en face du lieu de distribution des repas, et restent un moment discuter. Deux personnes inconnues, Calaisiens ordinaires. Plus tôt dans la journée, quelqu’un avait apporté un couscous.

Très peu visible, cette solidarité des Calaisiens envers les exilés est pourtant quotidienne, constante, tenace. On l’observe au fil des rues – une voiture s’arrête au niveau d’un groupe d’exilés, quelqu’un leur tend un paquets de vêtements et repart; ou dans leurs lieux de vie – une personne apporte de la nourriture, reste un moment discuter. C’est un commerçant qui passe donner ses invendus à la fin de la journée, c’est une possibilité de recharger son portable ou de prendre une douche, c’est une porte de garage laissée ouverte en hiver, c’est une famille qui passera quelques nuits dans un lit plutôt que dans la rue.

Ça dure depuis vingt ans. Et Bouchart ne pourra pas censurer Calais.

 

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