Il est beaucoup question de squats ces derniers temps. Dans la bouche de la maire de Calais, ils sont dix en juin, vingt en juillet, trente en septembre. Faire apparaître un phénomène comme nouveau permet de faire apparaître comme nouvelles les réponses déjà appliquées sans efficacité. Ainsi des squats et des expulsions.

 

Avec la fermeture du centre de Sangatte, les exilés étaient toujours à Calais, mais se trouvaient sans lieux pour eux. Ils sont donc trouvé des lieux divers pour s’abriter, parfois invraisemblables comme des tuyaux destinées à des canalisations près d’un chantier, ou d’anciennes portes d’écluses mise à quai. Plus couramment des tentes ou des cabanes dans les taillis, ou des bâtiments vides, ce qu’on appelle communément des squats. Il y a donc des squats depuis que les exilés n’ont plus de lieu pour les accueillir, et il y en aura encore tant qu’il n’y aura pas de nouveaux lieux d’accueil.

 

Ces squats sont plus ou moins nombreux, selon le nombre d’exilés et leur plus ou moins grande dispersion. Les périodes de forte pression et d’expulsions en série comme en ce moment conduisent les gens à se disperser en groupes plus petits.

 

Mais s’il y a des squats, c’est qu’il y a des bâtiments vides, et ceux-ci se multiplient à Calais : maisons, commerces, entrepôts, bâtiments industriels, laissés à l’abandon parfois depuis des années, ils sont le signe de la crise qui atteint Calais et qui s’aggrave.

 

Est-il si grave que des sans-abris s’abritent dans des bâtiments vides ? Ce qui est grave, c’est la crise économique et sociale dont la multiplication des bâtiments vides est le signe. Ce qui est grave, c’est qu’il y ait des gens sans abris. Ce qui est grave, c’est qu’une part croissante de la population calaisienne vit dans une économie de survie, avec des activités comme la récupération de métaux dans les bâtiments vides.

 

Plutôt que lancer une énième chasse aux migrants, nos politiques pourraient consacrer la même énergie et les mêmes moyens à trouver des réponses à crise qui touche le territoire et ses habitants. Tout le monde s’en porterait mieux, migrants de passage et habitants du Calaisis.

 

 

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