Le bâtiment abandonné dans lequel un groupe de Syriens s’étaient réfugiés après leur expulsion de la « Beer House », situé lui aussi rue Mouron à quelques centaines de mètres de celle-ci, a été évacué ce matin par un impressionnant dispositif policier : une dizaine de voitures et fourgons pour arrêter une douzaine de réfugiés et deux bénévoles, en présence de l’adjoint au maire.

Il se confirme que les Syriens sont la cible privilégiée des expulsions et du harcèlement qui a commencé la semaine dernière.

On s’en doutait un peu : la « Beer House » était habitée depuis fin octobre – début novembre 2012 par des Africains de l’est, qui succédaient à d’autres groupes pendant l’été. Les Syriens y sont venus au début du printemps. La mise en demeure au propriétaire par la mairie de Calais de clôturer les lieux date du mois d’avril, et a été le point de départ des procédures qui ont conduit à l’expulsion de jeudi dernier.

La même chose s’est produite en 2011 avec le squat Thélu, rue Descartes. C’est lorsque des Africains de l’est fuyant la guerre en Libye sont arrivé à Calais que le harcèlement policier, documenté abondamment dans le rapport remis au Défenseur des droits, s’est intensifié et que le lieu a été évacué puis détruit. L’expulsion avait été là aussi de plusieurs semaines de traque pour empêcher les expulsés de se poser dans un nouveau lieu comme de se reposer sur les bans publics et sous les ponts.

 

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Avant l’expulsion et la destruction finale du squat Thélu, les espaces intérieurs avaient été détruits au bulldozer par la mairie.

 

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