L’expulsion annoncée du squat de la rue Mouron à Calais, appelé « Beer House »a donc bien eu lieu ce matin. La moitié des occupants avaient déjà quitté les lieux sans attendre, certains sont passés en Angleterre, d’autres sont partis à la recherche d’un autre lieu pour dormir ou on quitté Calais s’ils en avaient la possibilité.

 

La police est arrivé après neuf heure et demie, tout le monde était déjà réveillé et avait préparé son sac. La police a commencé par repousser les associatifs et les journalistes présents un peu plus loin dans la rue. Les polices sont ensuite entrés dans les bâtiments et en ont fait sortir les habitants. Aucun huissier n’était présent et aucune décision d’expulsion ne leur a été signifiée. Ils ont pu emporter leur sac et éventuellement leur couverture.

 

Quand tous les exilés ont eu quitté les lieux, le sous-préfet a fait un briefing aux journalistes et leur a fait une visite guidée des lieux. Les membres des associations humanitaires (mais pas les autres militants et bénévoles) ont ensuite été autorisés à accéder aux lieux, pour pouvoir avant que le lieu soit muré récupérer les affaires personnelles et couvertures restées sur place.

 

Un peu plus loin dans la rue, la police a fait asseoir sur le trottoir les demandeurs d’asile auxquels un hébergement a été proposé. Des taxis sont venus les chercher pour les emmener sur leurs lieux d’hébergement. Ils auraient été une dizaine à partir ainsi, nous n’avons pour l’instant aucune information sur le type d’hébergement proposé. Une dizaine de relogements pour 150 à 200 habitants à la fin de la semaine dernière. Les autres personnes sont parties avec leur baluchon et sont à la rue.

 

Les journalistes nous ont appris que la maire de Calais, Natacha Bouchart, tenait une conférence de presse sans sujet annoncé à 11h. De là à penser qu’il s’agit d’une opération de propagande électorale il n’y a qu’un pas.

 

Expulsion sans brutalité policière, comme à chaque fois qu’elle est annoncée et que la presse est là, mais violence de l’expulsion pour ceux qui se retrouvent à la rue.

 

Trois sujets d’inquiétude :

 

  • la « Beer House » était un ancien cash and carry où un important stock d’alcool, notamment de bière, avait été abandonné ; certains des habitants en ont consommé en quantité quotidiennement pendant des mois, comme vous et moi le ferions si nous étions bloqués sans avenir au détour d’un parcours de galère à travers l’Europe. Sans suivi médical, brutalement sevrés, que vont-ils devenir ?

 

  • la police va-t-elle chasser les expulsés de lieu en lieu au fur et à mesure qu’ils trouvent où s’abriter, de jour comme de nuit, pendant des semaines, comme ça s’est déjà passé auparavant, notamment depuis l’élection de François Hollande ?

 

  • les fuites orchestrées par la préfecture et la mairie annoncent d’autres expusions dans les semaines qui suivent. Qu’en sera-t-il, et Calais sera-elle jetée dans le même chaos que sous Besson à l’automne 2009 ?

 

En clair, combien vont payer les exilés la propagande électorale que mènent la main dans la main Valls et Bouchart ?

 

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