La presse calaisienne a créé ces dernières années un nouveau genre, l’article sur No Border. Il s’agit d’un article globalement à charge, s’appuyant sur des propos, tronqués ou non, sans vérification des faits.

 

Nous en avons un exemple ici dans La Voix du Nord :

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/militants-no-borders-a-calais-comment-agissent-ils-ia33b0n1490291

 

La journaliste s’étend longuement sur ses difficultés à entrer en contact avec des militants de No Border, puis reproduit une suite de propos malveillants, et en fin d’article une série de propos plus positifs. À aucun moment des faits ne sont présentés ni recoupés, l’article s’en tient à des « on-dit ». Les sources permettant de connaître l’action de No Border comme le site du mouvement (http://www.noborder.org/) ou le blog présentant ses action à Calais (http://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/) ne sont utilisés. Les propos de militants associatifs qui lui ont donné des informations assez précises sur le travail de No Border à Calais n’ont aps non plus été retenus dans l’article.

 

En illustration, une photo sans rapport avec l’article, pris dans un lieu privé qui est aussi le domicile de la plupart des personnes photographiées, sans la moindre autorisation de leur part, au mépris du droit à l’image. Photo représentant une activité d’une association, La Marmite aux Idées, qui ne tient pas à être associée à la tonalité malveillante de l’article.

 

Mais au-delà des questions d’image, en terme journalistique, en quoi l’information contenue dans l’article est-elle d’intérêt public ? Contrairement au titre, l’action de No Border en direction des exilés n’est pas présentée, sauf de manière très approximative dans le dernier paragraphe, alors que la journaliste dispose d’informations et de possibilités de les recouper. On pourrait aussi imaginer une enquête journalistique portant sur l’image que différents acteurs ont du mouvement No Border. Mais cette enquête journalistique s’intéresserait à faire comprendre au lecteur ce qui détermine ces différents points de vue.

 

Et c’est bien ce qui manque ici, un travail de journaliste qui apporte au lecteur des éléments lui permettant de mieux comprendre le monde dans lequel il vit. C’est un rôle important dans toute démocratie. Ça l’est plus encore dans une ville comme Calais, profondément touchée par la crise, et dont le tissu social, culturel, associatif, s’appauvrit, et avec lui sa capacité à trouver des réponses à la crise. Comprendre le monde est d’autant plus important.

 

À chacun de juger si les médias locaux sont à la hauteur.

 

 

 

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