Sameh est arrivé d’Afghanistan en 2009, après un parcours difficile par la Grèce. Bloqué à Calais, il décide d’y demander l’asile. Ses empreintes digitales ont été prises en Grèce et entrées dans le fichier européen Eurodac. C’est donc dans ce pays, qui ne respecte pas les droits les plus élémentaires des demandeurs d’asile, qu’il doit retourner pour faire sa demande selon la règlementation européenne.

 

Plutôt que de retourner en Grèce où il n’a aucune chance d’obtenir l’asile, et décide de tenter à nouveau sa chance vers l’Angleterre. En montant dans un camion, il est aperçu par le chauffeur, qui accélère brusquement. Sameh tombe. Le chauffeur fait une marche arrière, puis une marche avant, et lui passe deux fois sur les jambes.

 

Sameh passera six mois à l’hôpital, pour que ses os se ressoudent et ses chaires se reforment. Six mois c’est aussi le délais au terme duquel, toujours selon la réglementation européenne, la France devient responsable de sa demande d’asile si elle ne l’a pas expulsé.

 

Au sortir de l’hôpital, Sameh a donc déposé sa demande d’asile, qui a été acceptée. Il a reçu un titre de séjour d’un an renouvelable au titre de la protection subsidiaire.

 

Il vivait à Paris.

 

Il est mort noyé au cours d’une baignade.

 

Les gens qui l’ont connu se souviennent sans doute d’un garçon plutôt doux et raffiné, avec peut-être, avec le temps, une pointe d’amertume.

 

 

 

 

 

 

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