Bagarre entre exilés au lieu de distribution des repas samedi soir.

La police comme d’habitude laisse faire, et n’intervient que lorsque tout est fini.

Mais, dès le lendemain et pour une durée indéterminée, se poste en nombre à l’entrée du lieu de distribution des repas et filtre les entrées, palpations de sécurité pour toute personne voulant aller manger. Une partie des exilés ne vont plus aux repas, et les associations sont décrédibilisées parce qu’intervenant dans un lieu contrôlé par la police.

Depuis deux mois, les occupants de la Beer House, Africains de l’ouest et Syriens, sont menacés d’expulsion. Les Afghans de la jungle près de l’Overport sont soumis à un harcèlement brutal. Les Soudanais d’Hôtel Africa, petite jungle construite suite à une expulsion de squat, sont régulièrement menacés d’expulsion par la police. Le clash a eu lieu entre Afghans et Africains.

Ce sont les mêmes autorités qui créent les conditions de la violence en ordonnant le harcèlement policier et les expulsions, et qui veulent faire croire à la population qu’elles la protège en déplyant la police à l’entrée du lieu de distribution des repas.

Une autre politique serait possible dans le court terme, qui aurait entre autre avantage de faire baisser la violence : décider d’un moratoire sur les expulsions de squats, en attendant de dégager des solutions d’hébergement pérennes, ce qui permettrait entre autres un minimum d’aménagements pour rendre les lieux salubres. Un lieu de distribution des repas décent, c’est-à-dire en intérieur, avec des tables et des chaises, et où les exilés et les bénévoles puissent cuisiner et prendre le repas ensemble. Comme premier pas, ça permettrait d’apaiser les choses, et d’ouvrir la discussion.

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