Tandis qu’une procédure d’expulsion semble se mettre en place à l’encontre du squat de la rue Mouron à Calais, surnommé « Beer House » en raison de l’important stock de bière laissé sur place il y a plus de cinq ans par l’ancien utilisateur des lieux, La Marmite aux Idées a interpelé le préfet du Pas-de-Calais le 21 mai pour la mise en place de la procédure de concertation et de relogement prévue par la circulaire du 21 août 2012.

 

Ce premier courrier étant resté sans réponse, l’association le relance aujourd’hui, avec des éléments plus précis.

 

 

 

 

 

 

Calais, le 17 juin 2013

 

 

 

À l’attention de :

 

M. ROBIN,

 

Préfet du Pas-de-Calais

 

Copie à :

 

M. RÉGNIER,

 

DIHAL.

 

 

 

 

 

 

 

Objet : occupants de l’entrepôt 120 rue Mouron à Calais.

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur le préfet,

 

 

 

 

 

N’ayant pas de nouvelles de votre part concernant la mise en place de la concertation prévue par la circulaire du 26 août 2012 pour le campement d’exilé du 120 rue Mouron à Calais, nous vous communiquons les éléments suivants, dont vous avez sans doute déjà eu connaissance par les services de police qui visitent le lieu plusieurs fois par semaine :

 

 

 

  • la moitié, sinon plus, des occupants du lieu sont des demandeurs d’asile ; certains sont en procédure depuis plus d’un an et ont donc accès au marché du travail ; l’application de la circulaire prend tout son sens non seulement par rapport à l’obligation de l’État d’assurer l’hébergement des demandeurs d’asile, mais aussi d’accès au travail et de projet d’autonomie, de mise à plat des droits sociaux (CMU) ou de bilan de santé.

 

 

 

  • plusieurs, au moins quatre, sont mineurs, et deux d’entre eux présentent des troubles psychiques ; l’obligation de protection de ces enfants en danger doit donc doit être complété par un accompagnement adapté.

 

 

 

  • le lieu renferme un important stock d’alcool (il reste encore plusieurs palettes de bière, le stock de vin et de whisky a été consommé) ; certaines personnes consomment donc de grandes quantité d’alcool quotidiennement depuis plusieurs mois ; elles ont besoin d’un suivi psychologique et médical et d’une stabilisation de leur situation ; si elles sont mises à la rue après expulsion, elles connaitront des souffrances physiques et psychiques liées au sevrage, et la population calaisienne aura à connaître les troubles que cette situation pourra occasionner.

 

 

 

  • un examen des situations individuelles montrera que la simple utilisation de la clause de souveraineté prévue par le règlement Dublin II ou un examen bienveillant de la demande de régularisation de personnes aillant passé de nombreuses années en France permettrait de débloquer certaines situations et de faire sortir certaines personnes d’une errance dont elles ne voient pas la fin.

 

 

 

Dans l’espoir que vous voudrez bien prendre en compte ces quelques remarques et propositions, qui vont dans le sens de l’intérêt collectif, nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de nos salutations citoyennes.

 

 

 

 

 

 

 

Pour La Marmite aux Idées,

 

Philippe Wannesson.

 

 

 

 

Calais, le 21 mai 2013

 

 

 

 

 

À l’attention de :

 

M. ROBIN,

 

Préfet du Pas-de-Calais

 

Copie à :

 

M. RÉGNIER,

 

DIHAL.

 

 

 

 

 

 

 

Objet : occupants de l’entrepôt 120 rue Mouron à Calais.

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur le préfet,

 

 

 

 

 

Vous avez eu communication le 7 mai d’un arrêté pris par Mme la maire de Calais enjoignant aux propriétaires de l’entrepôt situé 120 rue Mouron à Calais de procéder sous quinzaine à l’enlèvement des déchets présents sur le site et de clôturer celui-ci.

 

 

 

Cet arrêté ne mentionne pas que ce lieu est le domicile de quarante à cinquante personnes principalement originaires de Syrie et d’Afrique noire.

 

 

 

Nous vous invitons à vous pencher sur la légalité de cet arrêté qui enjoint aux propriétaires d’entraver l’accès de ces personnes à leur domicile sans qu’il ait été statué de leur qualité d’occupants.

 

 

 

Compte-tenu de la situation de ces personnes, nous vous demandons de mettre en place la concertation prévue par la circulaire du 26 août 2012 en vue de leur relogement, en application des articles L345-2-2 et L 345-2-3 du Code de l’action sociale et des familles, ou le cas échéant des dispositions légales concernant l’accueil des demandeurs d’asile et la protection de mineurs.

 

 

 

 

 

Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le préfet, l’expression de nos salutations citoyennes.

 

 

 

 

 

 

 

Pour La Marmite aux Idées,

 

Philippe Wannesson.

 

 

 

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