Ces 31 mai et 1er juin, deux membres de La Marmite aux Idées ont participé aux Assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=6869

L’idée était de faire lien entre les situations que nous rencontrons à Calais et la démarche plus large de se mouvement, et de partager des réflexions.

Voici le témoignage que nous avons adressés aux Assises :

 

« Calais est connue à la fois par la présence de « migrants », « Kosovars », « exilés », « réfugiés » – selon le nom qui leur est donné, de personnes ayant quitté leur pays et sur la route d’un ailleurs, route susceptible de bifurcations choisies ou forcées – et par la situation qui leur est faite.

Leur parcours pour arriver jusque là est parsemé d’épreuves. Celle du départ – même s’il y a sans doute une part de désir d’aller vers d’autres horizons dans ce qui fait la différence entre celui qui reste et celui qui part, celui qui reste dans le premier voisinage sûr et celui qui continue sa route, il y a au départ au moins une difficulté à voir son avenir sur place, mais aussi souvent la guerre ou la dictature. La traversée du Sahara et de la Méditerranée, l’entrée en Europe par la Grèce ou le franchissement des barrières de Ceuta et Melilla, sont des passages qui peuvent être mortels, et ceux arrivent à nous sont les survivants de ces épreuves.

Puis vient la déconvenue de cette Europe qui leur signifie leur indésirabilité, qui pousse à chercher dans le pays suivant la possibilité d’un accueil et d’une main tendue, et qui pousse vers les extrémités, Angleterre ou Scandinavie.

Et puis, à Calais ou ailleurs sur le littoral, la mer et la frontière bloquent l’avancée. Le harcèlement policier et la relégation dans des conditions de vie indignes répètent jour après jour le message de l’indésirabilité. Là, l’attente s’installe pour ceux qui n’ont pas la « chance » de passer vite, pour ceux qui restent bloqués là, à court d’argent ou à court d’élan, pour les demandeurs d’asile sans hébergement, tout au long d’une procédure qui va durer plusieurs mois ou plusieurs années.

Tant que les personnes sont tendues vers un but, une destination à atteindre, une frontière à passer, « ça va ». Mais l’attente pour une durée indéterminée et sans certitude pour l’avenir, ronge. L’alcool est fréquemment un recours pour tenir les fantômes à distance. Jusqu’en 2008 – 2009, les personnes réussissaient à passer en quelques semaines. Avec le renforcement des contrôles, ce temps s’est allongé, et le nombre de demandeurs d’asile a augmenté.

Les structures psychiatriques ou psychosociales sont sous-dimensionnées par rapport à la population dans la région Nord – Pas-de-Calais en général, et à Calais en particulier. Elles ne sont pas préparées à accueillir des personnes d’autres cultures et ne parlant généralement pas français.

Autour des personnes en exil se trouvent essentiellement des personnes, groupes, associations, qui tissent des bouts d’hospitalité à base de bonne volonté. »

 

 

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