Pendant cette nuit-là, la police repère un groupe d’exilés qui monte dans un camion. Un des exilés tombe en s’enfuyant. Les policiers le soulèvent, il retombe, il a la cheville cassée.

Les policiers arrêtent un autre exil, et partent.

Ils laissent le blessé couché sur le parking.

Ci-dessous le communiqué de Terre d’Errance :

« Et PAF ! Bavure de la police aux frontières ?

Dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 septembre 2012, la police aux frontières est intervenue sur le parking de l’aire de repos de Saint-Hilaire Cottes située sur l’autoroute A 26. Un homme, blessé aux chevilles lors de cette opération, a été abandonné sur place par les gardiens de la paix. Il est resté plus de douze heures sans soins.
L’association Terre d’Errance demande des explications.

Cette opération consistait selon toute apparence à appréhender des personnes au moment où elles montaient clandestinement dans les camions en partance pour la Grande Bretagne. Vers minuit, alors que certains exilés étaient déjà dans des camions et  que d’autres se préparaient à y monter, les agents sont intervenus. Leur présence a créé un mouvement de panique dans le groupe de migrants.
En voulant s’enfuir avec le reste du groupe, un homme est tombé après s’être pris les jambes dans une ornière. Etant dans l’incapacité physique d’aller plus en avant, il a rapidement été rattrapé par la police qui a tenté de le relever. L’homme a alors crié de douleur, ses jambes se sont dérobées sous son poids. Etonnamment, au lieu de lui venir en aide ou d’appeler des secours, les forces de l’ordre l’ont alors purement et simplement abandonné là où il était.
Les agents de la PAF se sont complètement désintéressés de cet homme qui avait visiblement besoin d’aide pour se tourner vers une autre personne appréhendée par leurs collègues.  
Ensuite, la PAF est partie au commissariat de Coquelles avec la personne qu’elle avait arrêtée, en laissant le blessé à l’endroit où il était tombé.

Il a été ramené au camp par ses compagnons d’infortune et ça n’est que plus tard dans la journée du lendemain qu’il a été pris en charge par les bénévoles de Terre d’Errance qui l’ont amené à l’hôpital. Son état a nécessité une opération pour pose de vis.

Les policiers n’ont, à aucun moment, cherché à évaluer la gravité de la blessure qui empêchait l’homme de se tenir debout. S’il avait été seul, sans l’aide de ses compagnons d’infortune et des bénévoles de Terre d’Errance, les complications sanitaires auraient pu être importantes.

Pourquoi le blessé n’a-t-il pas été emmené à l’hôpital ?
Parce que cela aurait retardé ou compliqué l’opération en cours ? Parce qu’il s’agissait d’un migrant, individu sans identité, sans moyen de se plaindre ? Les êtres humains ont donc si peu de valeur aux yeux des fonctionnaires de la police aux frontières ? A moins que la police aux frontières ne considère pas les étrangers comme des êtres humains…

Telles sont les questions que se pose l’association qui n’exclue pas de porter plainte pour non assistance à personne en danger afin connaître les circonstances exactes de ce qui s’est passé cette nuit-là et pour que cela ne se reproduise plus.

Pour l’association Terre d’Errance,
Nan Suel
terrederrance@mon-asso.org »

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