En arrivant sur le squat vers 7h30, je remarque la voiture banalisée de la police d’information basée sur l’arrière du parking de Leader Price.

J’étais venu leur apporter des viennoiseries pour leur petit déjeuner et n’ayant plus de café et de sucre, je décide d’aller en chercher à l’épicerie qui se trouve Avenue Roger Salengro à deux pas du squat. Il est 8h25 précise. En ressortant je remarque des gens en costume-cravate et une voiture de la police nationale en escorte. Je retourne avertir les refugiés de mes inquiétudes car le squat a un avis d’expulsion. Les refugiés me demandent de demander à la police pour savoir si c’est le jour de l’expulsion. Leur réponse est oui et leur intervention est dans dix minutes. Une quinzaine de personnes habitant dans le squat s’éclipsent rapidement en prenant le strict minimum. Ensuite un huissier et des policiers arrivent, suivis d’un traducteur pour expliquer que suite à la décision de justice, il y a recours à la force publique, etc. Tous ces interlocuteurs parlent en même temps ce qui crée une certaine confusion. La plupart des refugiés restants et demandeurs d’asile se préparent à partir en prenant couverture, sac de couchage et effets personnels, mais dans la précipitation. Certains se voient refuser l’accès pour retourner chercher des affaires du type blouson, chargeur télephonique et même papier de procèdure d’asile.

Le chef de la police se félicite avec le préfet et Mignonet de la réusite de leur mission, expliquant que tout se fait dans le calme, ce qui me fait sortir de mes gonds.

Je leur explique que d’abord c’est très rare de voir les réfugiés manifester de la colère car ils sont dans la soumision. Et que suite au dossier de violence policière qui as été déposé par No Border entre les mains du Défenseur des Droits, ils avaient rangé les matraques pour créer une illusion de bonté.

La police a recensé 19 personnes et placé 3 demandeurs d’asile et trois mineurs dans des foyers à une centaine de kilomètres de Calais (Lens, Béthune) et il faut savoir que ces six personnes sont parties en taxi avec un plateau repas à base de porc (sandwich, pommes et bouteille plastique).

La fin du squat est prononcée et la dernière phrase que je retiens est celle du préfet qui explique au chef du secours catholique que le squat était insalubre et dangereux. La Marmite aux Idées avait déjà essayé de faire un nettoyage en demandant des sacs poubelles aux services techniques de la mairie. Leur réponse fut négative, alors qui veut de l’insalubrité?

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