Au petit matin, expulsion par la police du squat des Palestiniens.

Bilan : douze demandeurs d’asile hébergées, une quarantaine de personnes à la rue.

L’association Salam a pu récupérer une partie des effets personnels des habitants, mais n’a été autorisée par la police qu’à faire un seul voyage. Le reste des affaires personnels et des couvertures restera enfoui dans les décombres au moment de la démolition.

Le communiqué de La Marmite aux Idées :

CALAIS : LES MIGRANTS FONT ENCORE LES FRAIS DE LA CAMPAGNE

L’ancienne usine de dentelle Darquer, en grande partie détruite, a servi de refuge à des exilés Palestiniens et d’autres pays arabes à partir de novembre 2009, suite à la série de destructions spectaculaires de squats et de jungles en septembre et octobre de la même année (dont la fameuse « Jungle de Calais » le 22 septembre). D’autres communautés, Afghans, Soudanais, se sont jointes à eux au fil du temps, pour des durées plus ou moins longues.

Deux ans et demis plus tard, peu avant l’élection présidentielle, Mme la maire de Calais a découvert l’insalubrité et la dangerosité du lieu, et pris un arrêté de péril imminent, qui a entrainé un jugement d’expulsion le 12 avril dernier.

C’est un mois plus tard, ce matin, que le jugement a été exécuté. Quarante à cinquante personnes ont été jetées à la rue, dans un geste qui ressemble au lancement de la campagne des législatives.

Ils y rejoignent la trentaine d’exilés qui, chassés de place en place, avaient trouvé refuge au lieu aménagé pour la distribution des repas, et en ont été chassés la semaine dernière.

Hier, 16 exilés ont été arrêtés lors d’une rafle au camp de Téteghem, près de Dunkerque.

Encore une fois, la police et les services de la mairie sont utilisés pour une opération de rafistolage électoral, tentant de masquer la faillite de dix ans de politique.

Il est grand temps de tourner la page, de remettre les institutions au service du droit et de l’intérêt public, et de passer à une politique d’accueil digne et respectueuse des personnes.

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