On voit souvent, sous la plume de reporters, les exilés désignés comme des « ombres », sans nom et sans visage.

Expression étrange pour nous bénévoles associatifs qui les fréquentons quotidiennement, qui repérons les visages des nouveaux venus dans un groupe, qui reconnaissons celui qui est de retour après un temps d’absence, qui connaissons certains par leur nom et dont certains peuvent être des amis.

Étrange aussi, parce qu’au fil des années certains ont demandé l’asile, ont trouvé un logement, ont obtenu le statut de réfugié, se sont mariés, ont eu des enfants.

Paradoxalement, ce sont ceux et celles qu’on ne voit plus, qui sont devenu-es monsieur ou madame tout le monde, voisins – voisines, collègues, parents d’élèves… Venu-es d’ailleurs, ils et elles sont maintenant d’ici.

Ceux et celles qu’on voit – peut-être comme des ombres, les « migrants », les « Kosovars » comme on dit parfois encore à Calais, sont ceux et celles qui sont intentionnellement clochardisé-es par les autorités, qui vivent à la rue, qui sont pourchassé-es par la police.

Pour qu’il n’y ait plus de « Kosovars », il suffit de leur permettre d’accéder à leurs droits les plus élémentaires. Que ceux qui souhaitent rester puissent le faire – ce n’est pas un privilège de démarrer sa vie en France à partir de rien, la vie est assez dure à ceux qui sont au bas de l’échelle.

Et ceux qui veulent continuer leur route : laissez-les passer !

 

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