Théoriquement, les contrôles aux frontières ne devraient concerner que le franchissement de celles-ci, et les institutions spécialisées (police aux frontières, douanes). Dans les faits, le contrôle de la frontière avec le Royaume-uni a fini par envahir l’espace et la vie quotidienne d’une manière complètement disproportionnée.

Des aires d’autoroute sont fermées simplement parce que des exilés pourraient monter dans des camions allant en Angleterre. Les ports sont entourés de clôtures et coupés des villes – les commerces, bars et restaurants de Calais en subissent les conséquences économiques.

Les contrôles policiers se multiplient dans les gares et dans les trains, et comme il s’agit de trouver des sans-papiers, ils se font au faciès – et tant pis si vous avez l’air étranger.

À Calais toujours, on ne compte plus les « dents creuses » qui remplacent un bâtiment détruit parce qu’il était squatté par des exilés. La police et la préfecture font régulièrement pression sur les propriétaires pour pouvoir pénétrer sur les lieux de vie des migrants et les expulser – on l’a vu récemment avec la mairie de Norrent-Fontes, un village du Pas-de-Calais. Particuliers et institutions sont sommés de se mettre au service du contrôle des frontières.

Assez régulièrement, des habitants sont arrêtés, parfois à grand fracas, parce qu’ils ont aidé des migrants – histoire d’entretenir la peur.

Les dégâts collatéraux de la guerre aux migrants sont donc importants pour la population. Quant aux exilés eux-mêmes, ils en payent le prix fort : ils sont plus de cent à être morts à la frontière franco-britannique depuis la fermeture de Sangatte.

 

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