En janvier et février 1954, une femme puis un bébé meurent de froid. Suit l’appel de l’abbé Pierre. Après quelques résistances, le Parlement vote 10 milliards de crédits pour le logement d’urgence. Vingt ans plus tard, on pouvait penser les derniers bidonvilles éradiqués, et l’habitat insalubre en voie de résorption.

Les choses ont changé depuis. Plusieurs personnes sans abris meurent de froid chaque hiver, sans que l’émotion que cela suscite amène de réelle réponse de la part de l’État. Des lois sont votées, comme sur le droit au logement opposable, mais restent largement inappliquées.

Pire. En 1954, malgré les difficultés de l’après-guerre et de la reconstruction, il avait été possible de mettre en place un régime presque complet de protection sociale, et il était possible de mobiliser des moyens financiers conséquents pour s’attaquer au problème du mal-logement.

En 2012 la France est bien plus riche, mais la moindre difficulté semble insurmontable.

Le sort des quelques centaines d’exilés qui errent sur nos rivages est à ce titre emblématique. Il est sans doute beaucoup plus coûteux de les traquer que de les mettre à l’abri et de leur permettre d’accéder à leurs droits. Mais la même politique se répète au fil des années, inefficace et inhumaine, sans que nos dirigeants envisagent enfin de sortir de l’échec et de faire autre chose.

 

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