Si ce n’était que des discours, ce ne serait encore pas trop grave. Mais il y a aussi des actes, qui ont des effets sur la vie des gens, et jusque sur le corps des gens.

Certaines personnes sont dans des corps qui sont réveillés à coups de botte tous les matins à sept heure. Ils habitent dans des squats insalubres, qui sont malgré tout leur domicile. Comme la loi est oubliée, la police y vient quand elle veut.

Certaines personnes habitent des corps qui peuvent s’abriter de la pluie, rentrer chez soi, se changer, se sécher. D’autres gardent leurs vêtements mouillés plusieurs jours, , dorment mal dans des couvertures humides, n’arrivent plus à se réchauffer. Les gens se détournent d’eux – et ils finissent aussi par se détourner des gens.

Le policier qui réveille à coups de botte peut ne pas être raciste lui-même. Et la pluie ne l’est pas. Ce sont des politiques qui créent ces situations.

La disparition des migrants de Calais après la fermeture de Sangatte, son remake avec la « fermeture de la Jungle de Calais », c’est du discours, on pourrait dire du blabla.

La réalité, c’est la violence exercée sur les personnes migrantes au cours de ces dix années, ce sont des traitements inhumains et dégradants infligés au quotidien.

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