Début décembre, l’ancienne Université a commencé à ètre occupée. Les premiers jours fùrent difficiles, avec la police. Les agents venaient faire des contròles d’identite tòt le matin, certaines personnes etaient emmenees a Coquelles parfois pour toute la journee. Les fenètres furent brisees par ces mèmes policiers, des matelas dechires voire souilles. Au fil du temps, l’organisation de vie s’est faite, des membres de la marmite aux idees ont organises des cours de langue. Le 30 janvier, un avis d’expulsion a ete affiche car l’OPH (l’office HLM) veut construire un nouveau batiment. Une manifestation fut organisee par les no border mi fevrier devant l’OPH.

Hier matin, vers 7h30, les fonctionnaires de police sont arrivés sur le lieu de vie des exilés (d’origine afghane, iranienne, soudanaise, tchadienne, érythréenne..) bouclant le quartier de l’ancienne Université. Étaient présents plus d’une vingtaine de fourgons de la PAF et des CRS, des véhicules de la BAC, et le sous-préfet Alain Gérard. Ils étaient accompagnés des journalistes de la Voix du Nord et de Nord Littoral.

Sur les 60 relogements promis par la police il y a deux semaines, lors d’une opération au cours de laquelle les noms de chacun des habitants de Africa House avaient été notés, seules 9 places ont été proposées, plus quelques places dans des foyers, obtenues après des coups de fil passés en urgence. Reste une quarantaine de personnes sans nulle part où aller, comme toujours après une expulsion pour raison de ‘sécurité.’

Plusieurs personnes ont également dû abandonner leurs affaires à l’intérieur du squat, les policiers refusant qu’ils y entrent après l’installation de leur blocus. Un demandeur d’asile, dont la demande a été rejetée, a été sommé par le traducteur présent pour proposer les relogements, de « dégager. »

Cinq militants No Border, présents sur les lieux avant le départ de l’opération, ont fait leur possible pour sauvegarder les affaires des migrants. À la fin de l’opération, la police a laissé un fourgon de l’association Salam s’approcher pour que les affaires puissent y être placées. Celles-ci ont par la suite été déposées à la distribution des repas, rue de Moscou.

Comme après l’expulsion de novembre 2011, les expulsés luttent pour retrouver des lieux de vie à peu près supportables, et la police les suit de près pour réprimer toute installation. Une trentaine de personnes s’est installée au lieu de distribution mercredi soir, et la police est venue les prévenir ce matin que quiconque trouvé là après 14h serait arrêté, ses affaires confisquées et jetées à la déchetterie.

A l’heure dite, deux fourgons de police sont arrivés et un membre de la Marmite aux Idées a reçu une autre version d’un policier : « les affaires seront déposées quelque part près de la mairie » lui a-t-il dit. « Et si personne ne vient les prendre d’ici quelques jours, elles seront ensuite jetées à la déchetterie. » Le policier a précisé que ses instructions étaient de faire en sorte que « le lieu de distribution reste un lieu de distribution. »

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