POSTLUDE ET FINAL

Quand nous avons décidé le 26 décembre dernier de dissoudre La Marmite aux Idées, nous avons choisi de faire don de l’argent restant sur le compte de l’association à une action en faveur des exilés vulnérables à Calais. C’est ce qui était le plus proche de la volonté de deux personnes qui nous avaient fait don d’une partie de l’argent restant en caisse.

Après avoir regardé comment évoluait la situation, les deux personnes qui étaient charger de solder la situation de l’association ont choisi de donner cet argent pour le squat du boulevard Victor Hugo à Calais. Il accueille des femmes et des enfants, ainsi que des malades et des blessés. Il est sous le coup d’une décision d’expulsion.

Le préfet du Pas-de-Calais s’est engagé à ne procéder à l’expulsion que lorsqu’une solution serait trouvée, et ce d’ici à l’été. Au départ cette solution pouvait être comprise comme pérenne, c’est-à-dire qu’un nouveau lieu accueillerait les femmes et les enfants arrivant à Calais. Depuis, le préfet semble avoir fait machine arrière, et envisager seulement un relogement des personnes présentes dans le squat au moment de sa fermeture, les femmes et les enfants arrivant ensuite se retrouvant à la rue.

Les 548,73 € restant sur le compte de La Marmite aux Idées vont en tout cas servir au fonctionnement de ce lieu unique à Calais.

Ceci fait, le compte en banque a été clos, et la préfecture informée de la dissolution de l’association.

 

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DE CALAIS AUX BALKANS

C’est la route inverse de celle parcourue par des nombreux exilés rencontrés à Calais. Les Balkans région d’origine, pour les Kosovars dans les années 90 comme pour les Albanais aujourd’hui, région d’entrée en Europe pour beaucoup, venant d’Afrique ou d’Asie.

Deux blogs, l’un en français http://exilesengrece.over-blog.com/, l’autre en anglais http://exilesingreece.over-blog.com/, on permis de faire connaître la situation à l’occasion de plusieurs voyages dans les Balkans, mais aussi de diffuser des informations collectées entre deux voyages.

Ils continuent sur une nouvelle plate-forme,

en français http://exilesdanslesbalkans.wordpress.com/

et en anglais http://exilesinthebalkans.wordpress.com/,

complétés par une page de liens et une de documents, permettant un accès plus complet à l’information, avec l’idée de devenir progressivement une source d’information sur la situation des exilés dans les Balkans. Ils apportent un regard complémentaire à Passeurs d’hospitalités http://passeursdhospitalites.wordpress.com/, qui porte sur la situation des exilés à Calais.

Pentax Digital CameraPatras (Grèce), mars 2011, cabane face à la mer.

Pentax Digital CameraLiubimets (Bulgarie), août 2012, manifestation devant le centre de rétention.

 

 

RIDEAU

En décidant le 21 décembre dernier de cesser ses activités, La Marmite aux Idées avait aussi choisi de continuer à éditer ses blogs Vibrations Migratoires et Voices from the Borders http://voicesfromtheborders.wordpress.com/ jusqu’à la fin du mois de janvier.

Nous y voici, et nous cessons donc de paraitre. Les deux blogs resteront néanmoins en ligne à titre d’archives, tout comme le site de La Marmite aux Idées

http://www.lamarmiteauxidees.sitew.com/

D’ores-et-déjà un nouveau blog a pris le relais de Vibrations Migratoires : http://passeursdhospitalites.wordpress.com/

En guise d’au-revoir, vous trouverez ici un petit historique de La Marmite aux Idées.

 

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EN BELGIQUE AUSSI

Les symptômes se font sentir dans les campements du côté français de la frontière : il y a une grosse mobilisation policière et médiatique en Belgique sur les migrants qui viendraient de France et qu’on retrouve sur les parkings d’autoroute pour monter dans les camions. Des exilés racontent comment ils ont été encerclés par un nombre important de policiers sur les parkings ou à proximité, tandis que des télévisions belges viennent dans les campements en France filmer les envahisseurs près à se ruer sur leur pays.

Comme d’habitude, il faut distinguer la réalité de la mise en scène.

La réalité, c’est que des exilés essayent de passer en Angleterre par les camions montant dans les ferrys dans les ports belges, Ostende et Zeebruges. C’était déjà le cas à l’époque où le Centre de Sangatte existait près de Calais (entre 1999 et 2002), mais le phénomène est devenu plus important avec la dispersion des exilés qui a suivi sa fermeture. Traditionnellement on avait une situation proche de celle de Calais à Ostende, tandis que Zeebruges était un simple lieu où les exilés venaient la nuit tenter le passage, mais sans lieux de vie permanents. La situation a évolué récemment avec l’interruption des liaisons ferry entre Ostende et l’Angleterre.

Et puis il y a un autre phénomène, les exilés remontent vers des parkings autoroutiers plus loin des ports, parce qu’il y a moins de contrôles. Ainsi des exilés viennent de France pour monter sur des parkings belges dans des camions qui reviennent le plus souvent vers Calais pour traverser vers l’Angleterre. Là encore, ce n’est pas nouveau.

Et comme il y a des accords franco-britanniques portant sur le contrôle de la frontière, il y a des accords franco-belges. Si le phénomène est moins visible en Belgique, on remarque depuis quelques années une intensification des opérations policières et de leur médiatisation.

Alors pourquoi ces déploiements policiers et cette médiatisation maintenant du côté belge ? S’agit-il simplement d’un signal en direction de l’opinion belge, le gouvernement se mettant en scène comme protecteur actif contre l’Invasion ? Ou d’un jeu plus complexe qui implique aussi le Royaume-uni et la France ? Après tout, Manuel Valls, ministre français de l’intérieur, a fait en décembre une visite médiatique à Calais, a évoqué la renégociation des accords franco-britanniques, a évoqué la possibilité d’un accueil plus digne des exilés – tout en consolidant les moyens de répression. Ce genre de visite médiatique du ministre de l’intérieur ou de l’immigration s’est accompagnée dans le passé de nouveaux accords franco-britanniques (Sarkozy et le Traité du Touquet en 2002-2003, Besson et le Sommet d’Évian en 2009). Mais dans nos pays de grande transparence démocratique, il est difficile de savoir ce que les gouvernements négocient en notre nom.

 

 

L’ÉCUME D’UNE SI PETITE VAGUE

Selon les chiffres de l’OIM, 42 900 exilés sont arrivés en Italie en traversant la Méditerranée, originaires pour la plupart de Syrie, de Somalie et d’Érythrée. L’Italie a 60 millions d’habitants, l’Union européenne 500 millions. On est loin d’un tsunami.

Combien d’entre eux ont suivi la route de l’Angleterre et sont arrivés sur les rivages de la Manche et de la Mer du Nord ? Une évaluation précise est difficile, mais en partant du nombre de personnes de ces nationalités présentes dans les campements et d’une estimation du temps moyen qu’il faut pour réussir à passer en Grande-Bretagne, on peut oser de l’ordre d’une millier de personnes, 1500 au maximum. De l’ordre de 3% des personnes arrivées en Italie.

Un ordre de grandeur qui tord le cou à la légende que l’attractivité de « l’Eldorado » britannique exercerait sur les migrants.

Et qui interroge à la fois sur notre incapacité à les accueillir (la France, 66 millions d’habitants), et sur les moyens disproportionnés mis en œuvre par le Royaume-uni (63 millions d’habitants) pour se protéger d’eux.

 

 

IMPRESSION FUGITIVE

Une voiture de police tourne rue des thermes, cherchant quelque chose. Elle finit par s’arrêter devant le local de France Terre d’Asile. Un policier descend du véhicule, une salariée sort du local, puis un mineur descend du véhicule.

Commentaire sur le seuil du bistro du coin « Ils font une livraison. Ils déposent quelqu’un. » Réponse de l’intérieur : « Ah ben c’est sûr, ils font les taxis. » La suite de la conversation se perd.

 

 

OÙ SONT LES EXPULSÉS ?

Aujourd’hui, une partie du petit groupe d’exilés syriens et égyptiens expulsés vendredi dernier s’étaient installés dans le campement près du port, en face du lieu de distribution des repas, avec la centaine de personnes déjà là et d’origines diverses, Syriens, Pakistanais, Afghans, Irakiens, Égyptiens, Kurdes… On ne sait pas pour le moment où sont les autres membres du groupe.

Sur les lieux de l’ancien campement, la seule chose visible est que la principale cabane a été détruite.

 

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RAPPORT SUR L’ASILE: RÉACTIONS

Le rapport préparatoire à la réforme de la législation française sur l’asile suscite des réactions qui vont du scepticisme prononcé à l’hostilité, de la part d’associations, de syndicats ou de personnalités.

En voici quelques exemples :

la déclaration commune des associations ayant participé à la concertation

l’avis de la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme)

le communiqué de presse de la CFDA (Coordination Française du Droit d’Asile)

le communiqué de presse de la FNARS (Fédération Nationale des Associations de Réinsertion Sociale)

la lettre ouverte de l’ADDE, de l’ELENA et du SAF (Avocats pour la Défense du Droit des Étrangers, European Legal Network on Asylum, Syndicat des Avocat de France)

LE PETIT CAMPEMENT D’ÉGYPTIENS ET DE SYRIENS ÉVACUÉ

Le groupe d’une douzaine de Syriens et d’Égyptiens dont nous parlions hier a été expulsé aujourd’hui en milieu de journée. Ce matin la clôture qui allait fermer l’ancienne usine où ils s’abritaient était pratiquement terminée, et l’accès allait de venir impossible sauf en escaladant. La PAF les a fait partir. Rencontrés en fin de journée ils ne savaient pas où ils allaient dormir. Quelques tentes et couvertures ont pu leur être données pour faire face à l’urgence.

 

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Sous une halle ouverte, une première cabane

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et une autre à l’entrée d’un ancien bunker, rejointe récemment par deux tentes

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la palissade qui ferme l’accès au terrain

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la dernière issue qui restait ce matin

 

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